Obscènes (Normand De Bellefeuille)

Quatre-vingt-dix-neuf fois, c’est-à-dire en quatre-vingt-dix-neuf courts poèmes, Normand de Bellefeuille dit la crainte de la mort qui est sans nul doute l’autre et unique scène de toute écriture, en un mot: son obscénité. Cette obscénité est au cœur du besoin de révéler ce qui nous blesse profondément. Avec cette mort qu’on craint, il y a, bien sûr, et peut-être tout autant encore, le corps de l’autre qui s’offre différemment et le sien qu’on risque alors de ne plus reconnaître. La mort ayant réglé le problème du vocabulaire, quelques mots suffisent désormais pour exposer toute l’obscénité d’une vie qui ne semble souvent être là que pour additionner les douleurs. L’obscénité n’est que le contraire du mensonge : un véritable aveu qu’il est impossible de ne pas entendre. Le livre qui veut l’actualiser dans l’abondance et le plaisir de la poésie n’est jamais terminé. Cette fatalité de l’aveu doit s’écrire, comme ici, dans la passion, la précarité et la rigueur. D’une simplicité nécessaire, les textes de Obscènes, qui ne ménagent, dans leur radicalité, ni l’émotion ni le lyrisme, déclinent un réel dont seule la catastrophe peut rendre tout le sens

1er mai 2026 Vers la grève sociale (CLAC)

Ceci est une invitation à toutes les personnes qui ne veulent pas rester silencieuses devant le triomphe de la haine et du capital à s’organiser en préparation du 1er mai 2026. C’est un appel à adopter des moyens de pression au sein de vos organisations pour interrompre le cours normal des choses, à organiser des actions de perturbation autonomes, à participer à celles annoncées et à se rejoindre massivement dans la rue lors d’une manifestation commune à Montréal/Tiohtià:ke.

Les réductions d’impôt consenties par Québec depuis 1998 coûtent 12G $ par année au Trésor public (IRIS)

Au fil des ans, le gouvernement du Québec s’est privé de revenus substantiels en réduisant l’utilisation de certains outils fiscaux, comme l’impôt des particuliers, et en abolissant certains autres, comme la taxe sur le capital des entreprises. La diminution des recettes fiscales a fragilisé le financement des missions sociales de l’État, alors qu’il aurait fallu l’accroître pour répondre aux multiples défis de notre époque. En outre, lorsque le gouvernement annonce de façon périodique qu’il entend s’attaquer à un déficit budgétaire par le biais de compressions des dépenses gouvernementales, il omet habituellement la piste des nouveaux revenus qu’il pourrait engranger s’il s’en donnait les moyens. Ce cercle vicieux réduit sa capacité à répondre aux besoins de la population et mine la confiance de cette dernière dans les services publics.

Il faut s’adapter : sur un nouvel impératif politique (Barbara Stiegler)

D’où vient ce sentiment diffus, de plus en plus oppressant et de mieux en mieux partagé, d’un retard généralisé, lui-même renforcé par l’injonction permanente à s’adapter au rythme des mutations d’un inonde complexe ? Comment expliquer cette colonisation progressive du champ économique, social et politique par le lexique biologique de l’évolution ?. La généalogie de cet impératif nous conduit dans les années 1930 aux sources d’une pensée politique, puissante et structurée, qui propose un récit très articulé sur le retard de l’espèce humaine par rapport à son environnement et sur son avenir. Elle a reçu le nom de « néolibéralisme » : néo car, contrairement à l’ancien qui comptait sur la libre régulation du marché pour stabiliser l’ordre des choses, le nouveau en appelle aux artifices de l’Etat (droit, éducation, protection sociale) afin de transformer l’espèce humaine et construire ainsi artificiellement le marché : une biopolitique en quelque sorte. Il ne fait aucun doute pour Walter Lippmann, théoricien américain de ce nouveau libéralisme, que les masses sont rivées à la stabilité de l’état social (la stase, en termes biologiques), face aux flux qui les bousculent. Seul un gouvernement d’experts peut tracer la voie de l’évolution des sociétés engoncées dans le conservatisme des statuts. Lippmann se heurte alors à John Dewey, grande figure du pragmatisme américain, qui, à partir d’un même constat, appelle à mobiliser l’intelligence collective des publics, à multiplier les initiatives démocratiques, à inventer par le bas l’avenir collectif. Un débat sur une autre interprétation possible du sens de la vie et de ses évolutions au coeur duquel nous sommes plus que jamais.

Postchi (Dariush Mehrjui)

Il est facteur, mais son maigre salaire ne lui permet pas de vivre. C’est pourquoi il cueille aussi des herbes pour le vétérinaire et travaille comme domestique chez un éleveur de moutons alcoolique. Il est également un joueur compulsif de la loterie nationale, ce qui ne fait qu’alimenter son obsession pour les chiffres. Taghi a une femme magnifique, mais il est impuissant. Le vétérinaire tente de le soigner avec des herbes cueillies par Taghi lui-même, mais face à l’échec de cette tentative, le monde de Taghi s’écroule. Le vétérinaire est arrêté pour avoir tenté de soigner des malades et l’éleveur de moutons est contraint par son cousin d’élever des cochons. Taghi s’enfuit dans les bois. Retrouvé par sa femme, il commet un acte fatal.

Un 2e album pour Angine de Poitrine, l’ovni musical qui fascine les experts (Radio-Cadenas)

Le duo saguenéen Angine de Poitrine, véritable phénomène qui dépasse les frontières, lance vendredi son deuxième album, Vol. II. Derrière les costumes fantasmagoriques, comment un groupe proposant une musique microtonale aussi pointue a-t-il réussi à conquérir autant d’adeptes? On en parle avec trois professeurs d’université, eux aussi fascinés par la sensation québécoise de l’heure.

Endométriose : maladie systémique, coûts structurels (Pivot)

L’endométriose coûterait 1,8 milliard $ par année à la société canadienne. À côté de ce chiffre, la maladie impacte lourdement la situation financière de milliers de patientes, avec des coûts à la fois directs et indirects. Le terme « endométriose » provient du mot « endomètre », qui désigne la paroi interne de l’utérus, celle qui s’épaissit au cours du cycle menstruel et s’évacue au moment des menstruations.