Histoires analogues (Michel-Olivier Gasse)

C’est les histoires d’un gars qui écoute beaucoup de musique et qui achète des disques depuis toujours. Des histoires qui font état de la place qu’un album, une chanson ou une pochette peut occuper dans une vie. Des histoires de musique adorée ou de musique subie. Ce n’est pas un palmarès ni un ramassis de suggestions ; ce sont quarante textes qui prennent chacun leur point de départ dans un album comme autant de sillons qui traversent le parcours de l’auteur. Les albums dont il est question ici viennent avec un récit personnel, un récit qui cherche à trouver résonnance chez le lecteur, qu’il connaisse ou non la musique à l’honneur. Parce qu’en fin de compte, les textes sont des lettres d’amour à la musique, aux amis, à la petite famille, aux disquaires, aux artistes et à ce désir de découverte qui nous garde en vie.

Allègement des règles entourant la loi du 1% : une rupture de dialogue signée Pascale Déry (Presse-toi à gauche)

La décision de la ministre de l’Emploi, Pascale Déry, d’alléger unilatéralement les règles entourant la « loi du 1 % » rompt avec une tradition de dialogue social qui a pourtant démontré son efficacité au Québec. Pour la CSD, la CSN, la CSQ et la FTQ, cette décision soulève des préoccupations quant à la reconnaissance du rôle des partenaires dans l’élaboration des politiques publiques touchant notamment le développement de la main-d’œuvre.

Le salaire minimum est loin de permettre une vie décente au Québec (Pivot)

Le seuil de revenu qu’une personne doit atteindre pour se permettre de vivre dignement augmente plus vite que le salaire minimum, les prestations d’aide sociale et l’inflation dans la majorité des grandes villes québécoises. Une réalité causée en grande partie par la flambée des loyers et qui témoigne de la dégradation des conditions de vie des Québécois·es à faible revenu.

Et si on subventionnait le ticket d’autobus? (IRIS)

L’annonce par Mark Carney de la suspension de la taxe d’accise sur l’essence a été vertement critiquée par une panoplie d’intervenants cette semaine. Avec raison, car les défauts d’une telle mesure surpassent clairement ses avantages, du moins si l’on porte notre regard au-delà des quelques mois durant lesquels elle pourrait soulager modestement le portefeuille des Canadien·ne·s.

Comme les subventions à l’achat de voitures électriques, cette mesure vise en théorie à soutenir la demande pour l’essence, un produit dont dépend une majorité de personnes au Canada pour se rendre au travail (entre autres besoins de déplacement). On peut alors se demander l’effet qu’aurait eu cette logique si on l’avait plutôt appliquée au transport en commun, comme l’a fait par exemple le Pakistan en réaction à l’explosion des prix de l’essence. Si Ottawa avait plutôt choisi de donner un coup de pouce à la population pour qu’elle utilise ce mode de transport moins coûteux et plus écologique que la voiture, la demande aurait-elle augmenté? Si l’on en croît les multiples expériences de gratuité qui ont été appliquées dans ce domaine, la réponse est oui.

Six mois après l’instauration de la gratuité du transport en commun pour les personnes âgées à Montréal, les déplacements étaient en hausse de 15 à 20 % pour cette catégorie d’usagers. À Mont-Tremblant dans les Laurentides, la hausse de l’achalandage a été de 40% la première année de la gratuité, qui s’applique de manière universelle. À Belœil en Montérégie, la hausse a été de 78% sur un an. À Boischatel, municipalité située à l’est de Québec, les déplacements ont pratiquement doublé. En Abitibi-Témiscamingue, Rouyn-Noranda a connu une hausse de 58%. En clair, le succès de la mesure explique que plusieurs villes au Québec comme ailleurs dans le monde l’aient adoptée, malgré ces limites certaines.

Certes, la gratuité a un coût. On peut estimer qu’il s’élèverait à environ 1,1G$ si l’on considère le montant cumulatif des recettes tarifaires des sociétés de transport en commun du Québec. Mais le soutien à l’automobile et à l’industrie pétrolière en a un bien plus grand qu’on n’a plus les moyens de s’offrir.

Obscènes (Normand De Bellefeuille)

Quatre-vingt-dix-neuf fois, c’est-à-dire en quatre-vingt-dix-neuf courts poèmes, Normand de Bellefeuille dit la crainte de la mort qui est sans nul doute l’autre et unique scène de toute écriture, en un mot: son obscénité. Cette obscénité est au cœur du besoin de révéler ce qui nous blesse profondément. Avec cette mort qu’on craint, il y a, bien sûr, et peut-être tout autant encore, le corps de l’autre qui s’offre différemment et le sien qu’on risque alors de ne plus reconnaître. La mort ayant réglé le problème du vocabulaire, quelques mots suffisent désormais pour exposer toute l’obscénité d’une vie qui ne semble souvent être là que pour additionner les douleurs. L’obscénité n’est que le contraire du mensonge : un véritable aveu qu’il est impossible de ne pas entendre. Le livre qui veut l’actualiser dans l’abondance et le plaisir de la poésie n’est jamais terminé. Cette fatalité de l’aveu doit s’écrire, comme ici, dans la passion, la précarité et la rigueur. D’une simplicité nécessaire, les textes de Obscènes, qui ne ménagent, dans leur radicalité, ni l’émotion ni le lyrisme, déclinent un réel dont seule la catastrophe peut rendre tout le sens

1er mai 2026 Vers la grève sociale (CLAC)

Ceci est une invitation à toutes les personnes qui ne veulent pas rester silencieuses devant le triomphe de la haine et du capital à s’organiser en préparation du 1er mai 2026. C’est un appel à adopter des moyens de pression au sein de vos organisations pour interrompre le cours normal des choses, à organiser des actions de perturbation autonomes, à participer à celles annoncées et à se rejoindre massivement dans la rue lors d’une manifestation commune à Montréal/Tiohtià:ke.

Les réductions d’impôt consenties par Québec depuis 1998 coûtent 12G $ par année au Trésor public (IRIS)

Au fil des ans, le gouvernement du Québec s’est privé de revenus substantiels en réduisant l’utilisation de certains outils fiscaux, comme l’impôt des particuliers, et en abolissant certains autres, comme la taxe sur le capital des entreprises. La diminution des recettes fiscales a fragilisé le financement des missions sociales de l’État, alors qu’il aurait fallu l’accroître pour répondre aux multiples défis de notre époque. En outre, lorsque le gouvernement annonce de façon périodique qu’il entend s’attaquer à un déficit budgétaire par le biais de compressions des dépenses gouvernementales, il omet habituellement la piste des nouveaux revenus qu’il pourrait engranger s’il s’en donnait les moyens. Ce cercle vicieux réduit sa capacité à répondre aux besoins de la population et mine la confiance de cette dernière dans les services publics.