Pourquoi réunir des textes d’entretiens qui s’étendent presque sur vingt ans ? Il arrive que des pourparlers durent si longtemps qu’on ne sait plus s’ils font encore partie de la guerre ou déjà de la paix. Il est vrai que la philosophie ne se sépare pas d’une colère contre l’époque, mais aussi d’une sérénité qu’elle nous assure. La philosophie cependant n’est pas une Puissance. Les religions, les États, le capitalisme, la science, le droit, l’opinion, la télévision sont des puissances, mais pas la philosophie. La philosophie peut avoir de grandes batailles intérieures (idéalisme – réalisme, etc.), mais ce sont des batailles pour rire. N’étant pas une puissance, la philosophie ne peut pas engager de bataille avec les puissances, elle mène en revanche une guerre sans bataille, une guérilla contre elles. Et elle ne peut pas parler avec elles, elle n’a rien à leur dire, rien à communiquer, et mène seulement des pourparlers. Comme les puissances ne se contentent pas d’être extérieures, mais aussi passent en chacun de nous, c’est chacun de nous qui se trouve sans cesse en pourparlers et en guérilla avec lui-même, grâce à la philosophie. G.D.
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Les trois écologies (Félix Guattari)
Contre la lecture médiatique des accidents écologiques, le philosophe propose de penser l’écologie environnementale avec l’écologie sociale et l’écologie mentale, à travers une lecture éthique et politique. Dans cet essai paru en 1989, il examine les pratiques de recomposition des subjectivités individuelles et collectives au sein de nouveaux contextes techniques, scientifiques et géopolitiques.
Il faut s’adapter : sur un nouvel impératif politique (Barbara Stiegler)
Dans les ruines de l’université (Bill Readings)
Fragments et aphorismes : extraits choisis (Nietzsche)
Les dissidences de l’Islam (Kitâb al-milal)
Né à Shahristân dans le Tadjikistan, où il meurt en 1158 à l âge de 90 ans, Shahrastânî illustre l esprit libre dans ce qu il a de plus fort, de plus pur. Philosophe, rompu aux textes classiques grecs, persans et arabes, doublé d un historien des religions précurseur, il étudia le phénomène religieux de manière scientifique. Ce qui lui permit d en dévoiler le pendant dogmatiste et, partant, hérésiologiste qui conduisent inévitablement au fanatisme, à l intolérance, à la violence. Auteur de plusieurs ouvrages réfutant les systèmes préétablis, il critiqua d abord la théologie islamique, dans un langage franchement philosophique mais fondé dans la Révélation qui, pour lui, est une source de savoir supra-humain qui renseigne la Raison. Son commentaire du Coran suffit à démontrer qu il ne se soumettait à aucune école de pensée mais prenait ce qu il lui paraissait bon et bien là où il le trouvait. Partant de considérations sur la compilation, -rédaction ?- du Coran, il en donne un copieux commentaire des deux premières sourates.
L’exercice du bonheur (Albert Memmi)
Le rêve des machines (Gunther Anders)
Petit guide d’autodéfense intellectuel (Normad Baillargeon)
On y trouvera d’abord un large survol des outils fondamentaux que doit maîtriser tout penseur critique : le langage, la logique, la rhétorique, les nombres, les probabilités, la statistique etc. ; ceux-ci sont ensuite appliqués à la justification des croyances dans trois domaines cruciaux : l’expérience personnelle, la science et les médias.