Il faut s’adapter : sur un nouvel impératif politique (Barbara Stiegler)

D’où vient ce sentiment diffus, de plus en plus oppressant et de mieux en mieux partagé, d’un retard généralisé, lui-même renforcé par l’injonction permanente à s’adapter au rythme des mutations d’un inonde complexe ? Comment expliquer cette colonisation progressive du champ économique, social et politique par le lexique biologique de l’évolution ?. La généalogie de cet impératif nous conduit dans les années 1930 aux sources d’une pensée politique, puissante et structurée, qui propose un récit très articulé sur le retard de l’espèce humaine par rapport à son environnement et sur son avenir. Elle a reçu le nom de « néolibéralisme » : néo car, contrairement à l’ancien qui comptait sur la libre régulation du marché pour stabiliser l’ordre des choses, le nouveau en appelle aux artifices de l’Etat (droit, éducation, protection sociale) afin de transformer l’espèce humaine et construire ainsi artificiellement le marché : une biopolitique en quelque sorte. Il ne fait aucun doute pour Walter Lippmann, théoricien américain de ce nouveau libéralisme, que les masses sont rivées à la stabilité de l’état social (la stase, en termes biologiques), face aux flux qui les bousculent. Seul un gouvernement d’experts peut tracer la voie de l’évolution des sociétés engoncées dans le conservatisme des statuts. Lippmann se heurte alors à John Dewey, grande figure du pragmatisme américain, qui, à partir d’un même constat, appelle à mobiliser l’intelligence collective des publics, à multiplier les initiatives démocratiques, à inventer par le bas l’avenir collectif. Un débat sur une autre interprétation possible du sens de la vie et de ses évolutions au coeur duquel nous sommes plus que jamais.

Postchi (Dariush Mehrjui)

Il est facteur, mais son maigre salaire ne lui permet pas de vivre. C’est pourquoi il cueille aussi des herbes pour le vétérinaire et travaille comme domestique chez un éleveur de moutons alcoolique. Il est également un joueur compulsif de la loterie nationale, ce qui ne fait qu’alimenter son obsession pour les chiffres. Taghi a une femme magnifique, mais il est impuissant. Le vétérinaire tente de le soigner avec des herbes cueillies par Taghi lui-même, mais face à l’échec de cette tentative, le monde de Taghi s’écroule. Le vétérinaire est arrêté pour avoir tenté de soigner des malades et l’éleveur de moutons est contraint par son cousin d’élever des cochons. Taghi s’enfuit dans les bois. Retrouvé par sa femme, il commet un acte fatal.

Un 2e album pour Angine de Poitrine, l’ovni musical qui fascine les experts (Radio-Cadenas)

Le duo saguenéen Angine de Poitrine, véritable phénomène qui dépasse les frontières, lance vendredi son deuxième album, Vol. II. Derrière les costumes fantasmagoriques, comment un groupe proposant une musique microtonale aussi pointue a-t-il réussi à conquérir autant d’adeptes? On en parle avec trois professeurs d’université, eux aussi fascinés par la sensation québécoise de l’heure.

Endométriose : maladie systémique, coûts structurels (Pivot)

L’endométriose coûterait 1,8 milliard $ par année à la société canadienne. À côté de ce chiffre, la maladie impacte lourdement la situation financière de milliers de patientes, avec des coûts à la fois directs et indirects. Le terme « endométriose » provient du mot « endomètre », qui désigne la paroi interne de l’utérus, celle qui s’épaissit au cours du cycle menstruel et s’évacue au moment des menstruations.