Je veux être un esclave (Réjean Bergeron)

Je veux être un esclave ! est un recueil de textes stridents comme une cloche d’école qui annonce que la récréation est terminée. Avec une connaissance profonde la philosophie, Réjean Bergeron interroge, en outre, les rapports alambiqués entre technologie et apprentissage, les réformes pédagogiques et les modes idéologiques, de manière à éprouver l’idée célèbre de La Boétie selon laquelle la servitude des individus et des sociétés toutes entières ne peut être que volontaire. Prônant au dessus de toutes choses la liberté de pensée, c’est souvent par l’exemplarité du mythe que l’auteur démonte les sophismes, dénonce les égarements de nos politiciens, des fonctionnaires du savoir et les faussetés en tous genres propulsées à la vitesse du Web.

Série Noire (Jean-François Rivard et François Létourneau)

Denis et Patrick, deux scénaristes au tournant de la quarantaine, doivent malgré eux écrire la seconde saison de leur série La Loi de la justice, totalement méprisée des critiques mais ayant recueilli un succès inattendu dans les régions éloignées de Montréal. Réalisant leur manque de talent et leur méconnaissance flagrante du monde judiciaire et criminel, ils mettront de l’avant de nombreuses et improbables techniques visant à recréer dans la vie réelle les situations de la série afin de rendre crédibles leurs personnages.

Comment des épiceries publiques pourraient fonctionner au Canada (IRIS)

Il y a fort à parier que vous ayez passé une partie de vos repas des fêtes à parler du prix des aliments[1]. Les coûts pour les consommateurs ont augmenté de près de 30 % depuis 2020, tandis que les méga-épiciers ont doublé leurs marges bénéficiaires et que leurs profits totaux ont bondi de plus de 120 %. La méfiance croissante à l’égard du système oligopolistique de la vente alimentaire au détail au Canada — où cinq grandes chaînes contrôlent 80 % du marché — a incité à penser au-delà du modèle des grandes surfaces commerciales.

Les cigognes sont immortelles (Alain Mabanckou)

À Pointe-Noire, dans le quartier Voungou, la vie suit son cours. Autour de la parcelle familiale où il habite avec Maman Pauline et Papa Roger, le jeune collégien Michel a une réputation de rêveur. Mais les tracas du quotidien (argent égaré, retards et distractions, humeur variable des parents, mesquineries des voisins) vont bientôt être emportés par le vent de l’Histoire. En ce mois de mars 1977 qui devrait marquer l’arrivée de la petite saison des pluies, le camarade président Marien Ngouabi est brutalement assassiné à Brazzaville. Et cela ne sera pas sans conséquences pour le jeune Michel, qui fera alors, entre autres, l’apprentissage du mensonge.

D’importantes hausses de loyer sont (encore) à prévoir cette année (Pivot)

Le Tribunal administratif du logement vient de dévoiler ses suggestions de hausses de loyer pour 2026, les premières avec la formule révisée l’an dernier par le gouvernement Legault. Bien que les augmentations suggérées soient moins élevées que celles des dernières années, elles risquent d’être bien trop élevées pour de nombreux ménages au bord du gouffre, préviennent les associations de protection des locataires.

Haïti : plongée dans l’abîme (ARTE Reportage)

La redoutable coalition des gangs Viv Ansanm (« Vivre ensemble ») a mis Port au Prince à genoux. La capitale haïtienne est devenue une véritable zone de guerre où les victimes se comptent par milliers et dont de nombreux quartiers ont été détruits et vidés de leurs habitants.

Jamais Port-au-Prince n’avait sombré dans une telle spirale de violence. Les gangs contrôlent aujourd’hui la quasi-totalité de la capitale, imposent des « taxes » sur chaque passage, enlèvent, rackettent et massacrent en toute impunité. Les rares services publics encore en place peinent à fonctionner : les écoles ferment les unes après les autres, les hôpitaux sont pris d’assaut et les convois humanitaires circulent au péril de leur vie.
Dans ce chaos, les habitants oscillent entre fatalité et désespoir, vivant chaque jour avec la peur d’être tués, kidnappés ou violés. La présence policière s’effondre, l’État se délite et la criminalité remplace désormais toute forme d’autorité.
Plongée au cœur de cette catastrophe humaine où se dessine le portrait croisé de Carole, une mère de famille vivant dans un camp de déplacés, et d’Angelo, un jeune homme au parcours brisé, qui a rejoint un gang il y a deux ans. Tous deux ont tout perdu : leur maison, leurs proches, leur travail, leur avenir. Tous deux accusent un même responsable : un État corrompu, absent, qui abandonne la population depuis des décennies et laisse les gangs dicter leur loi. À travers ces destins brisés, ce reportage raconte l’ampleur du désastre, mais aussi l’immense chantier qui attend Haïti si le pays veut retrouver la paix, reconstruire ses quartiers détruits et restaurer un semblant d’État.

Emmanuel Dror, La fierté de Gaza

Face au désastre, les femmes, les hommes et les enfants de Palestine ont toujours trouvé les ressources pour se relever.

Pierre par pierre, ils et elles reconstruisent inlassablement ce bout de terre, comme après chaque guerre, chaque massacre, chaque exil.

L’auteur, de par ses engagements et ses liens avec cette région, a ressenti la nécessité de faire connaître les multiples facettes de ce qui fait la fierté de Gaza. La lumière est mise sur la créativité, l’ingéniosité, le courage… qualités qui permettent à ce peuple de résister depuis des décennies.