Rear window (Hitchcock)

Greenwich Village. En chaise roulante à cause d’une jambe cassée, le reporter-photographe L. B. Jeffries est contraint de rester cloîtré chez lui. Collé à la fenêtre, il observe son voisinage pour passer le temps. Témoin d’un étrange événement, le photographe soupçonne un meurtre et tente de confondre l’assassin depuis son poste d’observation privilégié.

Tellement hockey (OHdio)

Tellement hockey, c’est une rencontre hebdomadaire entre Martin Leclerc, Alexandre Coupal, Alexandre Gascon et Marc Antoine Godin, quatre gars qui couvrent le hockey et qui parlent de hockey. Ils analysent tout ce qui se passe sur la glace, dans le vestiaire et sur la passerelle. Ils présentent les grands thèmes liés non seulement à la LNH, mais à tout ce qui touche le sport national des Canadiens. Ils sont vites sur leurs patins; rien ne leur échappe.

Les mirages de l’IA (IRIS)

Il y a des chiffres qui donnent le vertige: Open AI, l’entreprise derrière l’agent conversationnel ChatGPT, a conclu un accord de 53 milliards $CA avec la filiale d’Amazon AWS pour s’assurer un accès à ses services infonuagiques. La compagnie américaine, qui envisage d’entrer en bourse dans les prochains mois, a pris des engagements totaux d’une valeur de 1400 milliards $US auprès de fournisseurs d’infonuagique et de semi-conducteurs, des technologies nécessaires au développement de l’intelligence artificielle.

Les fonds qui sont investis globalement dans le secteur de l’IA sont si importants que certains comme le président du Forum économique mondial mettent en garde face à la possibilité que l’on soit devant une bulle spéculative.

Pourtant, ce risque est loin d’avoir freiné son adoption par une quantité toujours plus grande d’organisations publiques et privées. Comme bien d’autres, Ottawa a dans les dernières années cédé au chant des sirènes. Le budget déposé cette semaine par les libéraux fédéraux présente l’adoption « à grande échelle » de l’IA par le gouvernement comme une mesure censée réduire les dépenses publiques. Le gouvernement québécois misait lui aussi dans son plan budgétaire présenté au printemps sur l’IA pour « améliorer la qualité des services publics et l’efficience de l’État. »

Si la puissance indéniable de l’IA explique son utilisation massive, rien n’indique pour l’instant qu’elle permettra aux organisations qui l’emploient d’économiser temps ou argent. Jusqu’ici, des études ont au contraire montré qu’elle n’avait aucun effet sur le temps de travail du personnel ou sur les entreprises, ou qu’elle pouvait carrément nuire à la productivité des travailleuses et des travailleurs.

Face à des résultats pour l’instant mitigés, les États devraient faire preuve de prudence à l’égard de l’intelligence artificielle et s’abstenir de donner des contrats à des entreprises privées en phase d’expérimentation sous prétexte de diminuer les dépenses gouvernementales.

Toutes isles (Pierre Perrault)

Voici le pays qui fascine Pierre Perrault, celui du quotidien des humbles, des pêcheurs de Tête-à-la-Baleine, des chasseurs de loups-marins de L’Anse-Tabatière, de ce peuple nomade que sont les Innus, encore nommés Montagnais au temps où il rédige une première version de ces pages, au début des années 1960, c’est-à-dire à l’heure où il va bientôt tourner ce chef-d’œuvre du cinéma documentaire qu’est Pour la suite du monde.

Perrault parcourt le fleuve Saint-Laurent, sur les ailes d’une esthétique bien à lui, jusqu’à Blanc-Sablon et Sept-Îles, là où les fragments de terre disséminés au milieu des eaux sont si nombreux que Jacques Cartier, dans ses récits de voyage, les a baptisés «toutes isles». Toutes isles compte parmi les livres les plus importants de l’œuvre foisonnante de Pierre Perrault. Peu de temps avant sa mort, il travaillait à une ultime version, publiée ici pour la première fois telle qu’il l’avait envisagée.

L’empire invisible (Mathieu Belisle)

Depuis le milieu des années 1990, l’Amérique semble condamnée à aller de crise en crise et d’un effondrement à l’autre, chaque réponse trouvée provoquant de nouveaux déséquilibres, à la faveur d’une spectaculaire fuite en avant. Et pourtant, ceux qui misent sur sa fin prochaine se trompent. Ce n’est pas à une chute que nous assistons, ni même à un déclin, mais à une métamorphose. Grâce au pouvoir des vastes réseaux qu’il déploie sur le monde, l’empire américain a créé les moyens inédits de s’établir au coeur de notre existence, au plus près de notre pensée et de notre imagination, jusqu’à devenir invisible.