L’origine du capitalisme : une étude approfondie (Ellen Meiksins Wood)

Qu’est-ce que le capitalisme ? Cette question, l’histoire la pose chaque fois que ce système entre en crise, étalant au grand jour ses absurdités. Pour y répondre, il faut en comprendre les origines. Voilà ce que propose Ellen Meiksins Wood dans cet ouvrage initialement paru en 2009. Personne ne niera que le capitalisme a permis à l’humanité d’accomplir des avancées notables sur le plan matériel. Mais il est devenu aujourd’hui manifeste que les lois du marché ne pourront faire prospérer le capital qu’au prix d’une détérioration des conditions de vie d’une multitude d’individus et d’une dégradation de l’environnement partout dans le monde. Il importe donc plus que jamais de savoir que le capitalisme n’est pas la conséquence inévitable des échanges commerciaux et marchands que l’on retrouve dans presque toutes les sociétés humaines. Le capitalisme a une histoire très singulière et un lieu de naissance bien précis : les campagnes anglaises du xviie siècle. En rappelant cette origine, essentiellement politique,l’auteure propose une définition limpide des mécanismes et des contraintes qui font la spécificité du capitalisme.

Pastiches et postiches (Umberto Eco)

Pastiches et postiches . Débusquer les non-dits, les présupposés et les réflexes qui fondent nos usages culturels, nos manières de lire, de créer, de donner sens au monde, sans doute est-ce là une des ambitions majeures de l’écrivain inclassable qu’est Umberto Eco. Les textes recueillis ici, publiés dans diverses revues depuis le début des années 1960, explorent toutes les stratégies de l’ironie et de la distance. Qu’il pastiche avec une affectueuse drôlerie Vladimir Nabokov ou le Nouveau Roman, imagine les déductions d’ethnologues australiens découvrant les indigènes du Milanais, ou fasse commenter en direct par les médias de notre temps la découverte de l’Amérique, il nous convie avec une alliance unique d’érudition, d’esprit critique et de gaieté voltairienne, à une nouvelle lecture des langages et des codes qui sont les nôtres et auxquels nous ne prêtons plus attention, tant ils font partie de notre quotidien.

L’entraide : un facteur de l’évolution (Pierre Kropotkine)

Un ouvrage incontournable afin de mieux comprendre les idéaux de liberté qui sont au coeur de la pensée anarchiste et libertaire.  » Aussi la théorie selon laquelle les hommes peuvent et doivent chercher leur propre bonheur dans le mépris des besoins des autres, triomphe-t-elle aujourd’hui sur toute la ligne […]. C’est la religion du jour, et douter de son efficacité c’est d’être un dangereux utopiste.  » Tel était le regard que le théoricien de l’anarchisme portait sur la société européenne du début du XIXe siècle. Depuis la fin des années 1970, avec la montée du néolibéralisme, ces idées sont revenues  » au goût du jour  » : invoquant la responsabilité individuelle et les bienfaits de la compétition, on voue un culte aux  » battants « , aux  » gagnants « , aux  » conquérants « …Dans L’entraide, un facteur de l’évolution, Kropotkine opposait une conception du progrès dans la nature et la société fondée sur l’entraide et la sociabilité. Il y mettait en lumière des comportements animaux fascinants et des réalités historiques et culturelles trop souvent oubliées, tel l’espace politique autonome qu’ont constitué les cités libres du Moyen Âge

Je veux être un esclave (Réjean Bergeron)

Je veux être un esclave ! est un recueil de textes stridents comme une cloche d’école qui annonce que la récréation est terminée. Avec une connaissance profonde la philosophie, Réjean Bergeron interroge, en outre, les rapports alambiqués entre technologie et apprentissage, les réformes pédagogiques et les modes idéologiques, de manière à éprouver l’idée célèbre de La Boétie selon laquelle la servitude des individus et des sociétés toutes entières ne peut être que volontaire. Prônant au dessus de toutes choses la liberté de pensée, c’est souvent par l’exemplarité du mythe que l’auteur démonte les sophismes, dénonce les égarements de nos politiciens, des fonctionnaires du savoir et les faussetés en tous genres propulsées à la vitesse du Web.

Emmanuel Dror, La fierté de Gaza

Face au désastre, les femmes, les hommes et les enfants de Palestine ont toujours trouvé les ressources pour se relever.

Pierre par pierre, ils et elles reconstruisent inlassablement ce bout de terre, comme après chaque guerre, chaque massacre, chaque exil.

L’auteur, de par ses engagements et ses liens avec cette région, a ressenti la nécessité de faire connaître les multiples facettes de ce qui fait la fierté de Gaza. La lumière est mise sur la créativité, l’ingéniosité, le courage… qualités qui permettent à ce peuple de résister depuis des décennies.

Réinventer la démocratie : De la participation à l’intelligence collective (Jonathan Durand-Folco)

Avec la montée des inégalités socio-économiques, la perte de confiance envers les institutions, l’émergence des populismes autoritaires, la circulation accélérée de la désinformation et la polarisation des débats en ligne, la démocratie est aujourd’hui confrontée à de multiples crises. Assistons-nous à la fin de la démocratie ? Réinventer la démocratie est axé sur l’idée qu’une crise générale secoue le système politique, mais que cette crise représente une occasion en or de renouer avec les origines de l’idéal démocratique. C’est au niveau de la démocratie locale, et plus particulièrement à l’échelle des institutions municipales, que nous pouvons expérimenter des formes novatrices de délibération publique, de participation citoyenne et d’intelligence collective.

L’âge des démagogues (Pierre-Luc Brisson)

Les institutions sociales et politiques s’écroulent aux États-Unis comme ailleurs, et les élites, tant de gauche que de droite, ne suscitent plus au sein des peuples qu’un ressentiment dont l’intensité va grandissant. Cette colère se déchaîne et, de partout, surgissent des charlatans prêts à la canaliser pour protéger les élites au pouvoir. Les signes ne trompent pas : l’âge des démagogues est arrivé. Dans cette série d’entretiens, Chris Hedges explique l’ascension politique d’un personnage aussi trouble que Donald Trump, dénonçant au passage les démocrates, qu’il juge responsables de la déréliction politique qui a fait perdre la tête à l’Amérique. Une analyse lucide du néolibéralisme totalitaire et de la montée des extrémismes partout dans le monde, et qui incite, en fin de compte, à la rébellion.

Parler en Amérique : oralité, colonialisme, territoire (Dalie Giroux)

Il s’agit d’inscrire le français oral parlé ici dans la grande trame des formes d’expression singulières, porteuses de paysages, troublées par l’histoire et traversées par des tensions politiques qui hantent la Nord-Amérique. Ni langues officielles ni langues de l’espace public, ce sont les idiomes du pays, parlures régionales, formes d’expression non écrites, hybridées, dominées, colonisées, marginales, migrantes, illettrées, enfantines, domestiques. Ce sont ces manières de parler dévaluées, ces manières du quotidien, des lieux, de l’intimité. Ces formes mineures qui pourtant persistent, migrent, opèrent une cartographie souterraine et portent la mémoire du continent et les marques de l’histoire coloniale. Cette trame subalterne contient une forme de connaissance des lieux et du vécu, au pli de laquelle s’élaborent des pratiques confidentielles de liberté, des braconnages philosophiques, un sentier hors-piste, résolument postcolonial, qui mène à toutes les rencontres.

La Conquête de la Palestine : De Balfour à Gaza, une guerre de cent ans ( Rachad Antonius)

Ce livre n’est pas une histoire du conflit entre Israël et la Palestine. Il n’aborde qu’un seul aspect de ce conflit, qui est le plus central: l’histoire de la mainmise graduelle du mouvement sioniste sur la terre de Palestine depuis plus de cent ans. Tenir compte de cette vérité élémentaire permet de remettre les pendules à l’heure sur certains débats qui occupent l’espace public, surtout depuis la guerre de Gaza déclenchée en octobre 2023. Car le conflit israélo-palestinien n’a pas commencé avec l’attaque du Hamas du 7 octobre. Pour comprendre ce qui s’est passé ce jour-là, et ce qui a suivi, il faut prendre en considération tout ce qui a précédé cette date fatidique.. Rachad Antonius présente la conquête de la Palestine à partir de trois moments structurants: la Déclaration Balfour et le Mandat britannique (période 1917-1922), la création de l’État d’Israël (1947-1949) et les accords d’Oslo (1993-1995). Il aborde ensuite des questions délicates qui ont été exacerbées depuis la guerre de Gaza. L’opposition au projet sioniste est-elle une forme d’antisémitisme? Quelle est la place de la violence de part et d’autre dans le conflit? Pourquoi les divers plans de paix ont-ils échoué? Le droit international peut-il indiquer une voie à suivre pour une solution pacifique et équitable? Quelle est la responsabilité des pays occidentaux à l’égard de la situation au Proche-Orient?. La conquête de la Palestine nous permet de jeter un regard différent de celui véhiculé par les grands médias et les élites politiques occidentales. Seul un renversement de cette dynamique de conquête permettra d’en arriver à une solution durable et d’éviter des catastrophes encore plus coûteuses, tant pour les Palestiniens que pour les Israéliens..